Ambassadeurs en herbe : discours d’inauguration de Mme A. Girardin

Inauguration de la 2ème édition d’« Ambassadeurs en herbe »
Allocution de Mme Annick GIRARDIN,
Secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie
(Paris, mardi 13 mai 2014)

Mme A. Girardin, inauguration d'"Ambassadeurs en herbe" à l'UNESCO - JPEG

Monsieur le Directeur général,

Monsieur l’Envoyé spécial du Président de la République pour la Protection de
la planète,

Madame la Directrice de l’AEFE,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Chers Ambassadeurs en herbe,

Je suis très heureuse d’être parmi vous ce matin et je veux avant toute chose
remercier la direction générale de l’UNESCO de nous accueillir pour cette
deuxième édition d’ « Ambassadeurs en herbes ». L’UNESCO est un lieu
emblématique des valeurs d’échanges et de dialogue. L’accueil de 50 jeunes
venus de 30 pays différents pour débattre d’un thème essentiel pour l’avenir de
l’humanité est un vrai symbole. Ce thème, c’est celui du climat et de la
responsabilité ».

M’adresser à vous est une double joie. Celle de parler de climat en tant que
Secrétaire d’État chargée du développement – et l’on sait tout le défi que
représente le changement climatique pour beaucoup de pays en développement.
Et celle de vous rencontrer en tant que Secrétaire d’État chargée de la
francophonie au sein du gouvernement. La jeunesse francophone est l’une de
mes priorités. Vous êtes déjà des ambassadeurs de la langue française. Vous
représentez les adultes de demain, les citoyens de demain. Des citoyens
conscients des enjeux de la planète !

Je souhaite adresser également mes remerciements les plus sincères à l’Agence
pour l’enseignement français à l’étranger, à sa directrice, au service pédagogique
mais aussi à l’ensemble des agents et enseignants qui travaillent avec passion
dans ce formidable réseau et, en particulier, à celles et ceux qui se sont
impliqués dans ce projet.

Ces tournois d’éloquence constituent un exercice de démocratie et de diplomatie
ambitieux, innovant et fédérateur.
Ambitieux, car il s’inscrit dans une logique mondiale. Ce sont plus de 13 000
élèves issus de 115 établissements présents dans 49 pays qui ont participé à ce
concours. Dix finales régionales ont eu lieu sur tous les continents, à Accra,
Beyrouth, Bucarest, Hong Kong, La Haye, Ottawa, Panama City, Quito,
Tananarive et Tunis. Et toutes les difficultés – notamment logistiques – ont été
surmontées ! Cela a fonctionné, et même très bien fonctionné : votre présence ici
le prouve.
Innovant, ensuite, car cet exercice promeut la pratique du français oral et de
l’argumentation au service de la citoyenneté. Vous ne serez peut-être pas tous
avocats, diplomates ou hommes et femmes politiques – et heureusement ! – mais
vous aurez tous acquis et développé des qualités qui vous permettront d’être des
citoyens du monde responsables et engagés. Car ces tournois valorisent
l’éloquence en développant l’art de la rhétorique, contribuent à la liberté
d’expression et au débat critique indispensables à la formation des esprits.
Fédérateur, enfin, parce que ces « Ambassadeurs en herbe » que vous êtes
permettent la mise en relation de nos écoles entre elles, au-delà des pays et des
continents, mais aussi la multiplication des contacts avec d’autres partenaires.

Ce concours mondial d’éloquence est aussi une grande manifestation
francophone et plurilingue. Vous allez vous faire entendre à la tribune de
l’UNESCO en français et dans la langue de votre pays de résidence. Je souhaite
que tous les élèves des établissements français à l’étranger puissent aussi y
apprendre la langue de leur pays de résidence, qu’ils en soient ou non citoyens.
Le français est, en effet, indissociable des langues de vos pays, qui contribuent à
la richesse culturelle du monde et à votre identité en tant qu’individus.

Nous aurons l’occasion d’entendre des médiations en anglais, qui mettront en
valeur la maîtrise linguistique et la compétence interculturelle que vous avez
acquises dans vos établissements. Et je félicite déjà les futurs champions
interprètes qui, parmi vous, auront démontré qu’ils manient parfaitement, non
pas seulement deux, mais trois langues. Et je suis sûre que certains d’entre vous
en parlent encore plus que trois !

Le conseil exécutif de l’Unesco vient d’ailleurs d’adopter, sur une initiative
française parrainée par 33 États membres, une résolution qui promeut
l’enseignement de deux langues, autres que la langue principale d’enseignement,
dans les systèmes éducatifs.

Cette capacité à s’exprimer dans plusieurs langues est un enjeu considérable,
pour vous, jeunes générations, afin d’être mieux formées, mieux préparées à la
poursuite de vos études supérieures et à votre insertion dans le marché de
l’emploi.

Je me félicite enfin que cet exercice ait été consacré cette année au climat. Car il
ne s’agit pas seulement d’un travail d’éloquence, mais aussi et surtout d’un
exercice d’éducation et de sensibilisation. Il doit vous permettre, à vous, jeunes
citoyens du monde, de prendre conscience des problématiques majeures de notre
temps et de réfléchir, d’ores et déjà, à des solutions. Je crois que c’est aussi,
Monsieur le Directeur Général, la manière qu’a l’UNESCO de travailler sur le
dérèglement climatique, autour des enjeux d’éducation à l’environnement, et
d’étude des impacts que pourrait avoir le changement climatique sur le
patrimoine mondial.

Ce sujet du climat est une priorité pour la France, qui accueillera, l’année
prochaine, la Conférence Paris Climat 2015. Une mobilisation accrue de tous les
pays en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique est en effet
aujourd’hui nécessaire et urgente. Notre objectif est d’aboutir à un accord
ambitieux, pour permettre de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés.
Ce dérèglement climatique pénalise déjà les pays les plus pauvres et les plus
vulnérables.

Face à ce grave problème, la France a choisi trois mots d’ordre : offensif,
collectif et positif. Offensif parce que c’est une véritable mobilisation générale
qu’il faut pour réussir à inverser la tendance. Collectif parce que nous avons
besoin de toute les énergies, de tous les pays, et de toutes les bonnes volontés
pour réussir. Positif parce que nous allons ensemble parler des solutions
concrètes pour lutter contre le dérèglement climatique et ses causes. Vous êtes
une génération qui vivra dans un monde où les manières de se loger, de se
déplacer, vont changer. Ce changement, il faut que nous le construisions
ensemble.

Je tiens à cet égard à remercier Monsieur Nicolas Hulot, envoyé spécial du
Président de la République pour la protection de la planète, qui nous fait l’amitié
et l’honneur de sa présence. Vous allez ainsi pouvoir discuter de ce sujet
essentiel avec l’une des figures les plus emblématiques de la défense de la
planète.
Et je souhaite que dès demain, vous poursuiviez cette réflexion dans vos
établissements, dans vos pays respectifs, auprès de vos camarades, que vous
sensibilisiez votre entourage à ce sujet crucial, sur lequel la France et nos
établissements sont les premiers engagés.

Je voudrais enfin vous féliciter vous, ambassadeurs en herbe, de votre
implication, de votre créativité et de votre talent, qui assurent que « les jours à
venir seront meilleurs ». J’espère que ces deux journées resteront à jamais
gravées dans vos esprits et dans vos cœurs. Je remercie la Commission nationale
française pour l’Unesco pour son soutien et son accompagnement dans la mise
en place de cette deuxième édition. Vous allez vivre une expérience fabuleuse et
je vous souhaite, à toutes et à tous, des échanges fructueux et, surtout, bonne
chance !

Je vous remercie./.

publié le 22/05/2014

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