Avant propos : Journée internationale des droits des femmes 2017

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LE COURAGE DE CRÉER : L’égalité des genres et les arts
Mercredi 8 mars 2017, Paris, Siège de l’UNESCO

  • Le 40e anniversaire de la Journée internationale des droits des femmes à l’UNESCO, fut placé sous le signe du partage d’initiatives de femmes et d’hommes, sur les thématiques de l’égalité des genres et la création artistique. Animée par la journaliste Audrey Pulvar, cette table ronde fut l’occasion de célébrer les projets artistiques, musicaux et cinématographiques, qui interrogent les rapports de genres dans des sociétés diverses.

Monsieur Eric Falt, sous-directeur général pour les relations extérieures et l’information du public, rappelle la sous-représentation des femmes dans les arts :
- 5% des réalisateurs de cinéma sont des femmes
- sur les 150 plus grands chefs d’orchestre, 3 sont des femmes.

Partant de ce constat, il revient sur le partenariat entre l’UNESCO et ONU Femmes qui a permis le lancement de la campagne HeForShe Arts Week Paris.
En réponse au constat de 2010 marquant l’échec de la diffusion des valeurs féministes dans les sociétés occidentales, la campagne HeForShe est née en 2014. Cette initiative s’inscrit dans une perspective de promotion du dialogue, en vue d’interroger les normes de genre.
Si « la créativité demande du courage » (Henry Matisse), c’est que l’art peut être le vecteur de revendications citoyennes comme la dénonciation des inégalités de genre.

L’engagement de l’actrice Emma Watson en faveur de l’égalité des genres, se pose comme symbole de l’art en tant qu’instrument d’émancipation des femmes, souligne Madame Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes.

Si la création permet la transmission, ce mode de communication peut aussi être le moyen d’une évolution des mœurs, avec une mobilisation des secteurs culturels. À cet égard, la cérémonie du Serment de Paris du 8 mars 2017, fruit d’une mobilisation des secteurs publics et institutionnels, rappelait la nécessité de protéger les droits des femmes, dans un contexte international de montée des conservatismes et des extrémismes.

Pour Madame Fanny Benedetti, Directrice exécutive du Comité ONU Femmes France, la liberté d’expression et la création artistique sont des vecteurs nécessaires à la déconstruction des stéréotypes et préjugés de genre.

Le film « Je danserai si je veux », réalisé par Maysaloun Hamoud, témoigne des connections existantes entre les réalités des femmes israéliennes et palestiniennes. Si la représentation cinématographique est politique, spécifiquement dans un contexte de conflits régionaux, elle permet la construction de nouvelles représentations pour défaire les préjugés et comprendre les actions prohibées.
Dans cette perspective, Madame Jackie Buet, Directrice du Festival International de Films de Femmes de Créteil, rappelait le rôle des femmes comme moteur de la construction d’une nouvelle hiérarchie des images.

Dans le secteur de la musique, Victor Solf et Simon Carpentier qui forment le groupe de musique « Her », font une ode aux femmes et à la féminité. Ceux qui définissent leur musique comme de la « Pop sensuelle », composent et chantent pour revendiquer leur amour et leur respect à l’égard des femmes.

La deuxième thématique de cette journée interrogeait la liberté de création artistique des femmes, autour des notions de courage et créativité.
Madame Deeyah Khan, récemment nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour la liberté artistique et la créativité, est connue pour son engagement pour l’égalité des genres et les droits des minorités, au travers de ses activités artistiques, en tant que chanteuse, cinéaste, compositrice et productrice de musique.
Dans un contexte de grandes difficultés à vivre en tant que femme artiste, il a été rappelé la nécessité d’un engagement durable et tenace pour la cause des femmes, étant donné la liberté de ton que permet l’art.

Il s’agit du cœur des actions menées par Monsieur Ole Reitov, au sein de l’organisation « Freemuse » (Freedom of Musical Expression) qu’il dirige, pour la défense de la liberté artistique et la disparition de la censure qui persiste. Si cette cause engage cette organisation internationale, c’est que la liberté de création est un droit fondamental, et que celui-ci ne peut être bafoué au nom de la censure politique ou morale.

Le film de Pia MYrvoLD « Pia MYrvold-WANDS-2015 » permit de faire une transition avec le troisième panel qui animait cette journée « Les femmes dans les arts numériques ». Cette artiste de l’art numérique présentait avec futurisme, un court métrage mêlant électronique et technologies, danse contemporaine et travaux interactifs. Avec éclectisme et par un jeu de couleurs variées, Pia Myrvold travaille les sculptures laser en 3D et explore les apports des nouvelles technologies et du « new media art ». Il s’agit d’un moyen de revisiter les codes de l’art d’une manière innovante et originale, en acceptant les impacts de la technologie.

Si « la technologie est inerte par elle-même » selon Octavio Kulesz, expert en édition numérique, son contexte d’utilisation transforme les usages eux-mêmes, et l’art est nul sans diversité de genre, insiste Monsieur Kulesz.

En célébrant la culture et l’art africains, l’artiste kenyane Jepchumba s’engage pour le Digital Art, en assurant la promotion des artistes peintres et designers. A son sens, le numérique est un instrument positif de promotion culturelle sur le continent africain. Jepchumba souligne par ailleurs, le manque de présence des femmes dans le domaine des réalités virtuelles, ce qui encourage, de facto, l’émergence d’une vision masculine unique.

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publié le 13/07/2017

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