Célébrer l’histoire pour entrevoir l’avenir

Nous célébrons aujourd’hui les 25 ans du CIB et les 20 ans du CIGB.
Cet événement , qui s’inscrit dans un engouement récent pour les anniversaires qu’ils soient historiques (les 50 ans de mai 1968) ou identitaires ( le « dos de Mayo 1808 ») ne doit-il pas nous conduire à nous poser la question de la signification d’un tel rituel ?

S’accordant autrefois au calendrier de la vie imposé par les religions et les coutumes, les anniversaires rythment aujourd’hui nos vies personnelles, notre culture notre histoire au point où l’historien William Johnston ( Postmodernisme et bimillénaire. Le culte des anniversaires dans la culture contemporaine, PUF, Paris, 1993. ) considère que ce culte des anniversaires est un symptôme de notre impossibilité à nous projeter dans l’avenir.

Que faut-il alors penser des âges que nous fêtons aujourd’hui et qui sont pour nous un moment privilégié de nous pencher sur l’histoire comme sur l’avenir de l’UNESCO ?
On peut aisément reconnaître que nos comités tout comme le programme d’éthique des sciences de l’UNESCO sont , par le travail effectué et l’expérience acquise, entrés dans l’âge adulte . Avoir 25 ans, date où l’on songe à fonder une famille, pose , en revanche, la redoutable question de leur futur -et c’est volontairement que je le mets au singulier-

En effet, et nous y reviendrons au cours de cette session, c’est à mon sens dans une communauté de vie que ce futur se dessine. Et pour cela, il convient de donner à cette communauté un projet à construire car « pour mener à bien sa tâche, il ne suffit pas à une organisation telle que l’UNESCO
d’avoir des buts et des objectifs bien définis. Son action présuppose une philosophie, une hypothèse de travail, qui tende à expliquer les buts et les fins de l’existence humaine et qui puisse dicter, ou du moins suggérer une prise de position devant les différents problèmes ».

La convergence des technologies qui est aujourd’hui à l’œuvre dans nos sociétés techno-scientifiques qui transforme l’homme et la biosphère dans des proportions que nous devinons à peine implique plus que jamais de mobiliser nos intelligences avant que notre maison terre ne brûle.

Julian Huxley, qui fut le premier directeur général de l’UNESCO et dont je viens de citer les propos dans son ouvrage « L’UNESCO : ses buts et sa philosophie » (1946) y prônait « un humanisme évolutionniste … qui doit embrasser les aspects spirituels et intellectuels aussi bien que matériels de l’existence ». Pour lui, « cette théorie montre ... non seulement la place de l’homme dans la nature et ses rapports avec le reste de l’univers... mais elle nous permet aussi de discerner les tendances désirables de celles qui ne le sont pas... ».

Je doute qu’aujourd’hui la certitude qu’avait Julian Huxley de démontrer ainsi « l’existence du progrès dans le cosmos » et « qu’il n’appartient qu’à l’homme de faire de nouveaux progrès dans l’évolution » ne soit partagée par nos contemporains.

Toutefois, à l’heure de notre histoire, où nous allons devoir travailler avec force , sérénité et rigueur sur ce qui nourrit les débats sur les concepts de trans et posthumanisme, Julian Huxley et les 70 ans de l’UNESCO nous lèguent deux éléments essentiels pour notre démarche : l’existence d’ « un lien entre les sciences naturelles et l’histoire humaine » et « la nécessité de penser de façon dynamique en terme de vitesse et de direction ». Ainsi, serons-nous à même « de choisir , dans le chaos des tendances opposées d’aujourd’hui, les principes, les activités et les méthodes que l’UNESCO doit mettre en lumière et appuyer ».

Christian Byk, président du CIGB

Celebrate history to see the future

Today we are celebrating 25 years of IBC and 20 years of IGBC.
This event, which is part of a recent craze for anniversaries whether historical (50 years of May 1968) or identity (the " Dos of Mayo 1808") should lead us to ask the question of the meaning of such a ritual.

In accordance with the calendar of life imposed by religions and customs, anniversaries today punctuate our personal lives, our culture, our history to the point where the historian William Johnston (Postmodernisme et bimillénaire. Le culte des anniversaires dans la culture contemporain, PUF, Paris, 1993.) considers that this worship is a symptom of our impossibility to project ourselves into the future.

What should we think about the ages we are celebrating today, which are for us a privileged moment to look at history and the future of UNESCO ?
It can easily be recognized that our committees, like the UNESCO’s ethics of science program, have, through their work and experience, entered into adulthood. To be 25 years old, a time one thinks of starting a family, poses, on the other hand, the formidable question of their future - and it is voluntarily that I put it in the singular-

Indeed, and we will come back to it during this session, it is to my mind in a community of life that this future is emerging.

And for that, it is necessary to give this community a project to build because "to carry out its task, it is not enough for an organization such as UNESCO to have well-defined goals and objectives. Its action presupposes a philosophy, a working hypothesis, which tends to explain the aims and ends of human existence and which can dictate, or at least suggest, a stance on various problems”.

The convergence of technologies that is now at work in our techno-scientific societies that is transforming man and the biosphere into proportions we can hardly guess means more than ever to mobilize our intelligences before our earthly home burns.

Julian Huxley, who was the first Director-General of UNESCO and whose words I just quoted from his book "UNESCO : Its Purposes and Philosophy" (1946), advocated "an evolutionary humanism ... which must embrace spiritual and intellectual as well as material of existence ". For him, "this theory shows ... not only the place of man in nature and its relationship to the rest of the universe ... but it also allows us to discern the desirable tendencies of those who are not".

I doubt that today the certainty that Julian Huxley had to demonstrate "the existence of progress in the cosmos" and "that it is up to man to make further progress in evolution” is shared by our contemporaries.

However, at the time of our history, where we will have to work with force, serenity and rigor on what nourishes the debates on the concepts of trans and posthumanism, Julian Huxley and the 70 years of UNESCO leave us two essential elements for our approach : the existence of "a link between the natural sciences and human history" and "the need to think dynamically in terms of speed and direction". Thus, we will be able to "choose, in the chaos of today’s opposing trends, the principles, activities and methods that UNESCO must highlight and support".

Christian Byk, IGBC chair

JPEG PNG JPEG PNG

.

PNG

publié le 22/11/2018

haut de la page