Intervention de M. Philippe Lalliot, Ambassadeur de la France auprès de l’UNESCO, lors du débat autour de la Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles - 16 décembre 2015

Pour ce 10ème anniversaire de la Convention, ce rapport arrive à point nommé : il permet de mesurer à la fois le chemin déjà parcouru mais aussi les défis qui restent à relever.

Nous nous réjouissons tout particulièrement qu’un chapitre soit consacré à l’analyse des implications du numérique pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, sujet qui représente sans nul doute le grand défi pour les années à venir.

Ce rapport souligne, à raison, les avantages mais aussi les risques que le numérique comporte pour la diversité des expressions culturelles, notamment pour les acteurs de petite et moyenne taille.

Je profite d’ailleurs de cette prise de parole pour vous inviter aux « Nouvelles fabriques de la curiosité », le colloque organisé demain par la CNFU, ici même à l’UNESCO, sur l’impact des algorithmes de recommandation et des réseaux sociaux sur la diversité des expressions culturelles.

Nous notons également l’importance accordée au développement durable dans ce rapport. Un peu plus de deux mois après le Sommet de New York et quelques jours après la conclusion de la COP21, ici même à Paris, il reste encore de nombreux défis à relever pour intégrer pleinement la dimension culturelle dans les actions de développement durable. Nous devons déployer tous nos efforts en ce sens et le FIDC doit, plus que jamais, monter en puissance pour répondre à ce défi.

Le rapport souligne aussi, à juste titre, que l’égalité de genre n’a pas encore assez progressé, ni dans les contenus médiatiques ni dans la prise de décision. Or, il n’y aura pas de développement durable et de diversité culturelle sans égalité homme/femme. C’est un point sur lequel nous devons être vigilants.

Si nous enregistrons des progrès dans les échanges de biens et services culturels, ce rapport démontre aussi que l’équilibre est encore loin d’être atteint. C´est la preuve de la nécessité de rester mobilisés dans le combat pour « l’égale dignité des cultures ».

Il faut continuer à promouvoir la Convention dans les enceintes internationales. Elle doit être mieux prise en compte dans les traités et accords de commerce internationaux pour permettre à chaque Etat partie de développer son secteur culturel. Nous devons en outre aider les pays qui en ont besoin à structurer leurs industries culturelles et créatives et améliorer la mise en oeuvre de l’article 16 de la Convention.

Enfin, le rapport n’oublie pas la liberté artistique qui représente une liberté fondamentale, essentielle pour nos sociétés, mais qui souffre aujourd’hui de trop graves et trop nombreuses violations.

Particulièrement dans les circonstances actuelles, la France réaffirme avec force son attachement à la liberté de créer. La loi « Liberté de création, architecture et patrimoine », qui entrera en vigueur début 2016, stipule en son article premier : « La création artistique est libre ».

Parce que la diversité culturelle incarne la liberté de création et d’expression, parce que la diversité culturelle est indissociable de l’égalité des peuples, parce que la diversité culturelle est un bien commun de l’humanité, il nous appartient collectivement de le protéger.

Je vous remercie.

publié le 07/01/2016

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