JEAN D’ORMESSON (1925 – 2017) IN MEMORIAM

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Jean d’ORMESSON s’en est allé à l’âge de 92 ans. Cet écrivain et journaliste malicieux, ainsi que le notait la Directrice Générale de l’UNESCO, avait été élu en 1973 au fauteuil n°12 de l’Académie française, c’est-à-dire celui de Jules Romains. Désormais immortel parmi les Immortels, Jean d’ORMESSON a fait, sa vie durant, rayonner par ses œuvres les idéaux et le style français mais aussi un certain sens de l’esprit humaniste universel.

Cet ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de philosophie, et riche d’une famille de conseillers d’Etat, de parlementaires et de diplomates le hissant très tôt vers des destinées que le seul voyage de l’écriture pouvait appréhender, débuta sa carrière avec L’Amour est un plaisir, publié en 1956, pour l’achever avec son dernier roman, Ces moments de bonheur, ces midis d’incendie et la consécration de voir, de son vivant, rare consécration s’il en est, une édition de ses œuvres publiée dans l’édition La Pléiade.

Peu se souviennent, qu’entre autres choses, Jean d’ORMESSON fut aussi, encore récemment, l’auteur du discours de réception de Simone VEIL à l’Académie française, le 18 mars 2010, citant Racine, Paul Valéry et rappelant les valeurs de cette « citoyenne d’Europe ». Intellectuel conviant aux plaisirs de l’esprit, du cœur et du corps, généreux et galant, il fut également Secrétaire général, puis Président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), organisation non gouvernementale créée à la demande de l’UNESCO en 1949.
Sous son mandat, ce Conseil a notamment pu se développer considérablement et résister aux tempêtes qui peuvent souvent heurter l’Organisation. Fin négociateur et diplomate de l’œil et de la plume, cet humaniste universel a, à ce titre, tenu à consolider la place de la revue Diogène, dont il fut le Secrétaire de rédaction puis le Directeur après la disparition de Roger CAILLOIS et jusqu’en 1998, en la dirigeant avec le souci d’accroître la visibilité des sciences humaines. En publiant des articles de toutes les disciplines que ce champ inclut - ethnologie, linguistique, philosophie des sciences, histoire des religions, préhistoire, etc – Diogène fut et reste pour l’UNESCO une aventure humaine universelle, réunissant des chercheurs du monde entier, publiée en plusieurs langues.

Celui qui écrivait dans C’était bien, « Montez. Renoncez à la haine : elle fait plus de mal à ceux qui l’éprouvent qu’à ceux qui en sont l’objet […] Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle » restera dans la mémoire des Humanités et de l’UNESCO, notamment pour la France, un des porte-paroles parmi les plus essentiels de la paix et de l’exigence de la culture dans l’esprit des femmes et des hommes.

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publié le 18/12/2017

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