L’éducation pour tous, un but en soi

L’UNESCO est chargée de promouvoir l’enseignement et l’éducation pour tous.

L’éducation à l’UNESCO

1 - Contexte général

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République démocratique du Congo (UNESCO/M.Hofer)

L’Education a longtemps vécu à l’Unesco dans l’ombre de la Culture et ne dispose pas d’un édifice normatif qui soit le pendant des conventions sur le patrimoine. Le contexte a cependant évolué lorsqu’à l’occasion du sommet du Millénaire (septembre 2000), l’éducation a été inscrite au nombre des "Objectifs du Millénaire pour le développement", et non la culture. Il en a résulté un rééquilibrage au sein de l’Organisation entre ses missions et une montée en puissance des problématiques éducatives liées au développement. L’Unesco entend d’ailleurs démontrer comment l’éducation contribue à la réalisation de l’ensemble des OMD.

2 - Education pour tous (EPT) et objectifs du Millénaire en matière éducative

2-1 Le mandat de l’Unesco dans le domaine de l’éducation, défini par son acte constitutif, a été revisité par la Conférence mondiale sur l’Education de Dakar en avril 2000 qui a désigné l’Unesco comme chef de file pour coordonner les efforts internationaux visant à atteindre en 2015 six objectifs :

  1. la protection et l’éducation de la petite enfance ;
  2. l’accès à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité
  3. - l’accès équitable pour les jeunes et les adultes à des programmes permettant d’acquérir les compétences nécessaires dans la vie courante ;
  4. l’amélioration de 50 % des niveaux d’alphabétisation des adultes et l’accès équitable des adultes aux programmes d’éducation de base et d’éducation continue ;
  5. l’égalité d’accès entre les sexes à l’enseignement primaire et secondaire ;
  6. l’amélioration sous tous ses aspects de la qualité de l’éducation.

Ces objectifs, constitutifs de l’EPT, guident l’action de l’Unesco.

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Timor-Leste 2011 (UNESCO/G.Leite Soares)

2-2 Des progrès indéniables vers la réalisation de ces objectifs comme de ceux du Millénaire fixés pour 2015 ont été réalisés pendant ces dix dernières années :

• entre 1999 et 2008, 52 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés dans le primaire ; en Afrique subsaharienne, le taux de scolarisation a augmenté d’un tiers.

• la parité entre les sexes a connu une augmentation significative dans l’enseignement.

2-3 Mais l’évolution n’est pas assez rapide pour espérer atteindre les objectifs du millénaire en 2015 :

• le nombre d’enfants non scolarisés diminue trop lentement ; les progrès ralentissent ; 17% des adultes, soit 796 millions, sont analphabètes ; l’insuffisante éducation des femmes est "coûteuse" en vies ; la qualité de l’éducation reste médiocre d’ici 2015, il faudra 1,9 millions d’enseignants supplémentaires dans le primaire.

3 - Comment agit l’Unesco ?

  • L’Unesco n’est pas une agence de développement, même si elle a placé les questions de développement au cœur de son agenda et si elle concentre son action sur les pays en développement, en Afrique en particulier.
    L’Unesco ne peut rivaliser avec les agences du système des Nations unies qui traitent de l’éducation, notamment l’Unicef. Il en résulte un partage pragmatique des rôles : dans les situations d’urgence, l’Unicef prend en charge la reconstruction des écoles et la scolarisation des enfants dans le primaire, qui concerne le plus grand nombre, l’Unesco concentre ses activités sur l’enseignement secondaire et professionnel, ainsi que sur l’enseignement supérieur. L’Unesco est également loin de faire jeu égal avec la Banque mondiale, en termes de moyens.
  • En revanche, l’Unesco conçoit et élabore des données statistiques de premier plan en matière éducative. Elle publie chaque année un rapport sur l’éducation dans le monde unique en son genre, qui sert de référence pour l’établissement des indices de développement humain du Pnud et pour mesurer l’avancée des OMD en matière d’éducation. Le volet Afrique de ce rapport est élaboré par le Pôle de Dakar, essentiellement financé par la Coopération française.

L’Organisation agit pour l’essentiel, avec une légitimité incontestée, dans les pays en développement, au niveau des Ministères de l’Education.

  • L’UNESCO est devenue une porte parole convaincue des approches novatrices en matière de financement du développement. Elle participe au groupe de travail international sur les financements dont la France assure le secrétariat ainsi qu’au groupe des Nations Unies sur les financements innovants pour l’éducation. La France participe activement à ces travaux et en particulier au groupe de travail sur la conversion de la dette.

4 - Le programme redéfini en février 2012 avec une coupe de 31% par rapport au projet de programme approuvé par la Conférence générale mettra l’accent sur la formation des enseignants qui devient la priorité des priorités : il s’agit d’un domaine où seule l’UNESCO intervient de manière générale et où elle possède une expertise et prépare l’après 2015.

Pour ce qui concerne la France, il faut souligner :

  • Le rôle de l’Institut International de Planification de l’Education (IIPE), qui a son siège à Paris et est soutenu financièrement par la France, devient un opérateur majeur pour le renforcement des capacités. Il mènera toutes les activités de soutien technique aux Etats.
  • Le bureau de l’UNESCO à Dakar, le plus grand d’Afrique, (plus connu sous le sigle BREDA) est passé du statut de bureau de l’éducation à celui de bureau régional. En tant que Bureau régional pour l’éducation, le Bureau couvre tous les 46 pays de l’Afrique sub-saharienne. En tant que Bureau régional multisectoriel de la région Sahel de l’Afrique de l’Ouest, il représente l’UNESCO dans quatre pays de l’Afrique de l’Ouest (Cap-Vert, Guinée Bissau. Sénégal et Gambie) couvrant tous les domaines de compétence de l’UNESCO, à savoir l’éducation, les sciences naturelles, les sciences sociales et humaines, la Culture ainsi que la communication et l’information.

publié le 05/07/2012

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