Liste du patrimoine mondial en péril

Aux termes de la Convention de 1972, le Comité du patrimoine mondial peut inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril les biens dont la protection exige « de grands travaux (…) et pour lesquels une assistance a été demandée ».

Finalité et objectifs

Les conflits armés et la guerre, les séismes et autres catastrophes naturelles, la pollution, le braconnage, l’urbanisation sauvage et le développement incontrôlé du tourisme posent des problèmes majeurs aux sites du patrimoine mondial. Ils peuvent mettre en danger les caractéristiques pour lesquelles un site a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Ces sites en danger peuvent être en situation de « péril prouvé », quand il s’agit de menaces imminentes spécifiques et établies, ou en situation de « mise en péril », quand ils sont confrontés à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur leurs valeurs de patrimoine mondial.

En 2014, 46 des 1007 biens du patrimoine mondial sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial en péril permet au Comité d’accorder immédiatement au bien menacé une assistance dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. Elle alerte également la communauté internationale dans l’espoir que celle-ci se mobilise pour sauver les sites concernés. Elle permet aux spécialistes de la conservation de répondre efficacement à des besoins spécifiques. En fait, la simple perspective d’inscription d’un site sur cette Liste est souvent efficace et peut déclencher l’adoption rapide de mesures de conservation.

L’inscription de tout site sur la Liste du patrimoine mondial en péril exige du Comité qu’il élabore et adopte, en concertation avec l’État partie concerné, un programme de mesures correctives et qu’il suive ensuite l’évolution de l’état du site. Tout doit être fait pour restaurer les valeurs du site afin de permettre son retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril dès que possible.

L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril n’est pas perçue de la même manière par toutes les parties concernées. Certains pays demandent l’inscription d’un site pour focaliser l’attention internationale sur ses problèmes
et obtenir une assistance compétente pour les résoudre. D’autres, cependant, souhaitent éviter une inscription qu’ils perçoivent comme un déshonneur. Le classement d’un site en tant que patrimoine mondial en péril ne doit en tout cas pas être considéré comme une sanction, mais comme un système établi pour répondre efficacement à des besoins spécifiques de conservation.

Si un site perd les caractéristiques qui lui ont valu d’être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, le Comité peut décider de le retirer à la fois de la Liste du patrimoine mondial en péril et de la Liste du patrimoine mondial.

Quelques exemples de sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Vallée de Bamiyan, en Afghanistan

Ce paysage culturel a été inscrit simultanément sur la Liste du patrimoine
mondial en péril et sur la Liste du patrimoine mondial en 2003. Il est dans un état de conservation fragile dû à l’abandon et aux opérations militaires et de dynamitage. La présence de mines antipersonnel rend certaines parties inaccessibles. A la demande des autorités afghanes, l’UNESCO coordonne tous les efforts internationaux pour sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine culturel de l’Afghanistan, notamment à Bamiyan.

Ville historique de Zabid, au Yémen

Le patrimoine archéologique et historique exceptionnel de Zabid s’est considérablement détérioré ces dernières années. En particulier, 40 % des maisons ont été remplacées par des bâtiments en béton. En 2000, à la demande de l’État partie, le site a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. L’UNESCO aide les autorités locales à élaborer un plan de conservation urbaine et à adopter une approche stratégique de la préservation de ce site du patrimoine mondial.

Les Parcs nationaux de la Garamba, de Kahuzi-Biega, de la Salonga, des Virunga et la Réserve de faune à okapis, en République démocratique du Congo (RDC)

Depuis 1994, ces biens figurent sur la Liste du patrimoine mondial en péril sur laquelle ils ont été inscrits à la suite du déclenchement, au milieu des années 90, du conflit des Grands Lacs. Cette guerre s’est traduite par une arrivée massive de réfugiés rwandais, le repli de positions militaires et rebelles dans les parcs et l’intensification du braconnage. En 1999, l’Institut congolais pour la conservation de la nature lance un appel à la communauté internationale pour la conservation en RDC. Peu après, l’UNESCO initie, avec plusieurs ONG internationales de conservation, une campagne internationale pour protéger l’habitat d’espèces menacées (gorille de montagne, rhinocéros blanc du Nord). Cette initiative débouche sur le lancement, en 2000, d’un programme de partenariat pour la conservation du patrimoine mondial en RDC financé avec l’appui de la Fondation des Nations Unies (FNU) et de la Belgique. En 2004 démarre avec le soutien de la FNU, des gouvernements belge et italien et de l’Union européenne, le deuxième volet du projet. Son objectif : pérenniser les acquis de la phase I.

Comment aider ?

Les États parties à la Convention doivent informer le Comité dès que possible des menaces qui pèsent sur leurs sites. D’autre part, les particuliers, les ONG et d’autres groupes peuvent également attirer l’attention du Comité sur les menaces existantes. Si l’alerte est justifiée et le problème suffisamment sérieux, le Comité peut envisager d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Pour consulter la Liste du patrimoine mondial en péril : http://whc.unesco.org/fr/peril/

Source : UNESCO

publié le 07/01/2016

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