Présentation des grands axes de la diplomatie sportive de la France

« Le sport doit être une préoccupation permanente du réseau diplomatique et consulaire ».

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, et Mme Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, ont présenté, jeudi 15 décembre, les initiatives récemment prises pour soutenir le sport français sur la scène internationale. Cette manifestation a réuni de grands acteurs du monde du sport (dont Marie-José Pérec, Edgar Grospiron, Laura Flessel, Jean-Philippe Gatien), de l’entreprise et des médias.
Le ministère des Affaires étrangères vient notamment de renforcer son dispositif par la création d’un poste d’ambassadeur pour le sport, confié à M. Jean Levy, auquel a été fixé un triple objectif : aider les entreprises françaises sur les marchés liés au sport, soutenir les candidatures françaises pour l’organisation des grands événements sportifs et renforcer notre présence dans les instances sportives internationales.

Les grands axes de la diplomatie sportive de la France, Paris le 15/01/2014

Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères

Madame la Ministre,

Chère Valérie,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde sportif,

Mesdames et Messieurs les Sportifs,

Tout d’abord, je vous souhaite la bienvenue. Vous êtes ici chez vous. Pourquoi cette réunion, qui est la première ou l’une des premières du genre ? Parce que le sport est une activité absolument fondamentale dans la vie de nos sociétés. C’est également devenu une activité planétaire. Ce sont des choses que vous vivez et qu’évidemment vous savez depuis longtemps.

Si nous voulons que la France réussisse et rayonne sur le plan sportif, il faut que nous mettions en place ce que nous avons appelé une diplomatie sportive. Cela a été fait jusqu’à présent de manière intuitive. Cela sera désormais fait de manière organisée. Cela aidera le sport - ce qui est essentiel -, et permettra aux dirigeants sportifs français d’être encore plus présents au niveau international. Cela aura une incidence économique car le sport est à présent devenu une activité massive et cela contribuera à une certaine image de la France, ce qui pour moi, comme chef de la diplomatie, est essentiel.

Quand, à travers le monde, on se demande ce qu’est l’image de la France, de ce pays particulier qui ne compte que 66 millions d’habitants mais qui a une image internationale et mondiale ? Ce qui compose l’image de la France, c’est un mélange assez étrange. La France est l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Il n’y en a que cinq sur près de 200 États. Cela veut dire que la France, sur tous les conflits internationaux, peut lever le pouce ou le baisser. Il y a cinq pays dans le monde à pouvoir le faire. Merci au général de Gaulle.

La France est une puissance nucléaire, dont heureusement nous ne nous servons pas. Il y a peu de pays qui ont l’arme nucléaire et qui aient en même temps une capacité de projection militaire pour venir au secours des populations lorsque c’est nécessaire. On le voit en Afrique aujourd’hui, au Mali et en Centrafrique.

La France est un pays qui a une puissance économique en difficulté mais qui reste malgré tout la cinquième du monde.

La France est un pays dont la langue est, aujourd’hui, parlée par 250 millions d’habitants et sera parlée, dans quelques années, par 800 millions de personnes avec le développement de l’Afrique.

La France est un pays qui a une histoire et des principes. C’est le pays de la Révolution française et cette histoire, ces principes ont fait le tour du monde.

Et puis, la France est également un pays représenté par de grandes personnalités à travers l’Histoire. Aujourd’hui, bien sûr, il y a de grands chercheurs, de grandes entreprises, des plus petites, des créateurs, de grands esprits...

La France a le troisième réseau diplomatique du monde. Le réseau culturel de la France est le premier du monde. Et puis, la France est une puissance sportive identifiée à travers des événements, des championnes et des champions.

Ce dernier élément que je mentionne n’est peut-être pas mis au niveau où il devrait l’être. Nous avons donc décidé, avec le ministre des sports, qui est l’artisan de tout cela, avec les représentants des fédérations, des mouvements sportifs, d’unir nos forces et d’être davantage présents dans le monde pour servir le sport.

Mme Fourneyron a organisé son ministère pour qu’il en soit ainsi. Au ministère des affaires étrangères, j’ai nommé Jean Levy ambassadeur pour le sport.

J’ai demandé à des ambassadeurs d’être présents. Je ne peux pas les nommer tous mais il y a notamment ceux qui sont présents dans les plus grands pays : en Chine, au Japon, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne, au Qatar. Ils sont là aussi pour montrer l’exemple et je vais donner des instructions à tous nos ambassadeurs qui sont le bras de la puissance française dans les différents pays du monde de prendre désormais en compte le sport, totalement et pleinement.

Cela signifie qu’il y a toute une série de dispositions à prendre, pour renforcer les liens entre le Quai d’Orsay, le monde sportif et l’ensemble des acteurs. Dans les années qui viennent, toute une série de manifestations mondiales auront lieu en France. Il y aura aussi de grands événements à l’étranger et il faudra, à chaque fois que nous préparions les choses en équipe. C’est déjà le cas mais il faut que cela soit systématisé.

Il y a, là aussi, un enjeu économique. Selon mes informations, tout ce qui tourne autour de l’économie du sport représente presque 600 milliards chaque année. On pense aux stades, mais il n’y a pas que cela, il y a toute une économie du sport.

Les entreprises françaises sont parfaitement compétentes pour être au premier rang, que ce soit les grandes ou les PME innovantes, pour les infrastructures, pour la main-d’œuvre qualifiée, pour les aspects juridiques. Nous devons prendre tout cela en compte de façon systématique et anticipée. Il faudra non seulement le faire à l’étranger mais aussi en France. Cet été 2014, la France accueillera, en Basse-Normandie, les jeux équestres mondiaux. Et puis, il y aura l’Euro 2016, la Ryder Cup et d’autres événements encore. Sans compter ceux auxquels nous pouvons penser pour ne pas dire auxquels nous pouvons rêver.

D’une manière plus générale, il faut que tout cela serve au développement du sport car le sport porte nos valeurs. Ne soyons pas arrogants. Lorsqu’on parle de mixité, lorsque l’on parle d’égalité, ce sont ces valeurs que nous portons et de ce point de vue-là, le sport est le meilleur messager. Il faut à la fois que l’on serve la France, le mouvement sportif et le sport. Tout cela est lié.

Je m’adresse en particulier à vous, Mesdames. Il est vrai que vos noms, vos visages et vos actions parlent peut-être plus à toute une série de pays que d’autres éléments dont nous sommes également fiers mais qui sont restés un peu entre « happy few ».

C’est l’idée que nous avons eue, avec Valérie et nos sportifs, idée que nous avons voulu matérialiser par cette rencontre.

Au-delà, il faut mettre sur pied une organisation souple pour servir le sport et pour servir l’influence de la France dans le monde. Les deux sont liées par un mouvement dialectique. Je pense que si la France est capable de mettre en avant ses sportifs, et ses dirigeants sportifs, ce sera bénéfique pour les sportifs. Si à leur tour, les sportifs sont davantage présents, si nous sommes mieux coordonnés, ce sera bénéfique pour la France également, pour son économie et pour son influence./.

Laurent Fabius et Valérie Fourneyron Photo : MAE/F. de la Mure
Photo : MAE/F. de la Mure
Jean Lévy, Laurent Fabius, Valérie Fourneyron, Denis Masseglia et Bernard Lapasset - Photo : MAE/F. de la Mure
Laura Flessel-Colovic, escrimeuse française, Marie-José Pérec et Laurent Fabius - Photo : MAE/F. de la Mure

En savoir plus :

Lire le discours de Mme Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative (PDF, 209 ko).

Lire l’article sur le site du Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative.

Télécharger le dossier de presse - (PDF, 114.4 ko)

publié le 17/01/2014

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