Retour à l’art : défi et salut à l’ère du transhumanisme

Retour à l’art : défi et salut à l’ère du transhumanisme

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Federico Brandt, artiste-peintre, Montevideo

Que faire avant que tout ne soit automatisé ? Le travail de l’homme est de plus en plus menacé par la technologie, qui lui ajoute et en même temps le subordonne. Et cette vision apocalyptique englobe tout dans tous les sens. Tout sauf l’art.

Nous vivons le développement de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle avec l’objectif de nous convertir en éléments secondaires ou insignifiants pour de nombreuses tâches et de nombreux domaines. Pour beaucoup, moins pour l’art.
Walter Benjamin en 1936 dans "L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique" a identifié l’aura d’une œuvre d’art à la singularité, à l’expérience de l’inimitable.

Pour lui, la reproduction technique a détruit l’originalité, car il n’était plus possible de calibrer la valeur d’un objet en fonction de sa valeur rituelle, mais de sa valeur affichée
Que se passe-t-il aujourd’hui quand l’auteur lui-même peut aussi être substitué, reproduit ? Que se passe-t-il si nous nous inspirons du même raisonnement pour l’activité artistique ?

Le résultat est différent. À l’ère du transhumanisme, la valorisation de l’artiste en tant que tel prendra une autre dimension. La valeur rituelle d’une œuvre ne sera liée à l’artiste que par sa valeur marchande, sa renommée, son origine, mais pas par sa condition en tant que telle.
L’homme passe par un processus de changement qui l’éloigne du travail systématique mais le rapproche de l’art. Et sa capacité innée à créer, engourdie par la charge de travail, émergera en changeant de dynamique.
Que faire à ce sujet ? Conservez l’art comme expression humaine la plus pure, comme langage universel en tant que défi complexe et activité que seule une constante développe et parvient à transcender ?
Nous vivons sur un chemin de progrès sans fin mais qui est aussi un chemin de retour, un progrès technique qui ramène l’humanité à recouvrer sa capacité symbolique et à l’exploiter dans son empressement à se différencier de ce qui gagne du terrain et qui peut l’améliorer.
Les artistes font face au défi de devoir être plus ouverts aux nouvelles technologies qui conduisent à de nouvelles formes d’expression, tout en restant créatifs et imaginatifs en plongeant plus profondément que jamais dans l’événement esthétique en tant que modèle de vie.

Un art qui ne copie pas mais transforme la réalité, amenant les mondes intérieurs à l’extérieur, guérissant et développant l’intellect, profitant à tout sur son passage.

Qu’est-ce qui nous distinguera de la machine ? Ce n’est plus notre capacité rationnelle, mais cette capacité symbolique : l’art sous toutes ses formes et dans toutes ses expressions, expression de notre essence unique et irremplaçable.


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publié le 27/08/2019

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