Réunion Nationale du réseau français des Ecoles associées à l’UNESCO

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M. Jean Audouze, S.E.M. Philippe Lalliot, M. Jean-Marc Berthon

Intervention de S. Exc. M. Philippe Lalliot, Ambassadeur, Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO

Mesdames et Messieurs,

Cher amis,

Je voudrais tout d’abord vous remercier de m’avoir invité aujourd’hui et vous dire que j’ai, grâce à vous, un peu l’impression de renouer avec mes premières amours. Vous ne le savez certainement pas mais j’ai été formé pour être enseignant et j’ai enseigné autant que mes postes successifs m’en ont laissé le loisir. Je dois avouer que, par facilité, j’ai cependant trahi cette première vocation pour devenir diplomate. J’en ai toujours gardé un certain regret et une vraie admiration pour celles et ceux qui, comme vous, ont su faire preuve de constance et sont restés fidèles à leurs premiers engagements.

Vous comprendrez dès lors le plaisir que j’ai à vous rencontrer. Au-delà de ces considérations très personnelles, mes nouvelles fonctions d’ambassadeur de France auprès de l’UNESCO vont, je l’espère, me permettre de travailler étroitement avec tous les membres de ce formidable réseau des écoles associées de l’UNESCO.

Pour préparer cette réunion, je suis notamment allé voir le site du réseau et sa Charte qui résume bien ce que sont vos objectifs. J’en retiens en particulier les thèmes prioritaires qui y figurent :« les problèmes mondiaux et le rôle des Nations unies ; les droits de l’homme, la démocratie et la tolérance ; l’apprentissage interculturel ; le développement durable ; la préservation du patrimoine matériel, immatériel et naturel ». Le programme de vos ateliers jusqu’à vendredi dit ce même engagement citoyen, cette même modernité après 60 années d’existence, cette même diversité et cette même richesse.

Programme ambitieux donc mais ô combien nécessaire dans un contexte de mondialisation où la mixité culturelle doit devenir la règle et non l’exception, où les ressources naturelles doivent être partagées et préservées pour les générations futures, où le développement numérique dessine de nouvelles frontières et de nouvelles fractures, à une époque également où la montée des extrémismes et de l’intolérance rend plus que jamais nécessaire, pour la paix et la sécurité internationales, la lutte contre l’ignorance et les préjugés, l’ouverture aux autres, en un mot l’éducation. Ou pour reprendre les premiers mots du Préambule de la convention fondatrice de 1945, mots célèbres et que nous ne devons pas nous lasser de répéter : « c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».

Mesdames et Messieurs,

Je tiens ici à saluer la force de mobilisation et d’innovation de ce réseau qui réussit avec brio à développer des projets pluridisciplinaires, intégrant la dimension internationale et articulant programmes scolaires et programmes de l’UNESCO ; de ce réseau qui s’emploie à impliquer dans ses projets l’ensemble de la communauté éducative ; de ce réseau qui n’hésite pas à collaborer étroitement avec un grand nombre de partenaires : entreprises, associations, artistes, collectivités locales, pour ne mentionner que ceux-là.

Je pense par exemple au collège d’Epernon qui a récemment accueilli des journalistes du monde entier en journée d’études pour préparer la conférence internationale de Nagoya qui clôturera la décennie pour l’éducation au développement durable, en novembre 2014.

Je sais que ces représentants du monde des médias ont été très impressionnés par la diversité des projets présentés par le collège et par la qualité des partenariats développés avec deux entreprises du territoire. Le fait qu’une entreprise sollicite l’expertise et les compétences des collégiens pour l’aménagement des espaces extérieurs, dans le cadre de son plan « Développement durable et responsabilité sociale » est assez inédit et tout à fait remarquable.

Cher amis,

Ce réseau, nous entendons le solliciter autant que nous le pourrons dans les mois et les années à venir afin de tirer parti de son exceptionnel dynamisme.

Le ministre des Affaires étrangères a affirmé, en ouverture de la dernière Conférence générale, en novembre dernier, la volonté de la France de renforcer avec l’UNESCO sa relation privilégiée d’Etat du siège. Laurent Fabius a fixé à cette occasion quelques grandes priorités : réponse au dérèglement climatique et association de l’UNESCO à la préparation de Paris Climat 2015 ; promotion de la culture, en particulier de la diversité culturelle, et extension au numérique, pour son 10ème anniversaire, des dispositions de la convention de 2005 ; promotion de l’éducation, notamment celle des filles, dans la définition des politiques de développement post-2015.

Il ne vous aura pas échappé que ces trois grandes priorités convergent pour faire de 2015, qui marquera également le 70ème anniversaire de la création de l’UNESCO, une année de forte visibilité pour l’Organisation comme pour la France en son sein.

Nos grandes priorités pour l’UNESCO sont ainsi bien établies. Elles ne sont pas exclusives d’autres objectifs bien sûr qui viendront s’y ajouter : protection des patrimoines, promotion du plurilinguisme, lutte contre le trafic de biens culturels illicites, liberté de la presse, protection de la vie privée sur Internet, etc.

Chacun de ces objectifs vous intéresse, j’en suis sûr. Je suis également persuadé que nous avons intérêt à systématiquement associer à nos réflexions et à nos initiatives les jeunes qui peuvent porter sur ces sujets un regard différent et nous enrichir de leurs idées et de leurs propositions. J’ai déjà eu l’occasion de m’en entretenir avec les représentants français au Forum des Jeunes en marge de la dernière Conférence générale. Pour la première fois d’ailleurs, la délégation française comprenait, à ma demande, un représentant de ces jeunes.

C’est un dialogue que j’entends poursuivre avec eux afin que leur point de vue soit mieux pris en compte qu’il ne l’est aujourd’hui, convenons-en. C’est aussi un objectif à mes yeux essentiel dans la réforme en cours de la gouvernance, de l’organisation et des missions de la Commission nationale française pour l’UNESCO, ainsi que je l’ai dit en ouverture des travaux du groupe chargé par le ministre des Affaires étrangères de réfléchir à cette réforme.

En parallèle du Forum des Jeunes de novembre s’est tenue une série d’ateliers organisés par l’UNESCO, et je voudrais ici saluer les représentants du Lycée Marseilleveyre à l’initiative du projet des « Sentinelles de l’eau ». Je me réjouis de constater que ces jeunes, qui ont eu la chance de participer au Forum mondial de l’eau en 2012 à Marseille, ont su mettre à profit cette expérience, notamment pour mobiliser leurs pairs. Et je sais qu’ils auront l’occasion de poursuivre dans cette voie lors du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau. Quelques mots de remerciements également au lycée Blaise Cendrars de Sevran et au lycée Aristide Briand d’Evreux pour leur contribution au lancement de l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau, le 11 février de l’année dernière.

Toujours dans ce domaine du développement durable, et pour ne prendre que ce seul exemple, nous avons commencé à travailler avec l’UNESCO à la préparation de Paris Climat 2015. Deux thèmes prioritaires se dégagent déjà : les sciences et les jeunes. Nous aurons l’occasion d’en reparler et de voir ensemble comment vous pouvez être associés à cette grande conférence internationale et nous aider à en faire un succès à la hauteur de nos ambitions.

Je pourrais multiplier ainsi les exemples de sujets sur lesquels j’espère que nous pourrons travailler ensemble, sur la diversité culturelle, les politiques de développement, la promotion des droits de l’Homme, la protection des patrimoines en péril, notamment dans les zones de conflit, etc.

Je voudrais simplement pour conclure remercier l’ensemble des participants à cette réunion nationale, vous toutes et vous tous, pour votre attachement aux idéaux qui ont présidé à la création de l’UNESCO et qui n’ont jamais été, à mon sens, plus pertinents qu’aujourd’hui, pour le travail que vous faites quotidiennement, sans ménager ni votre temps ni votre énergie afin de diffuser auprès des jeunes générations ces valeurs et développer leur sens de la responsabilité et de l’engagement.

Je vous souhaite des journées riches et enthousiasmantes. Merci à vous./.

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publié le 27/01/2014

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