Strasbourg – Grande île (1988)

Entourée par deux bras de l’Ill, la « Grande île » constitue le centre historique de la capitale alsacienne. Dans un périmètre restreint, elle renferme un ensemble monumental d’une remarquable qualité. La cathédrale, les quatre églises anciennes, le palais Rohan, ancienne résidence des princes-évêques, n’y apparaissent pas comme des monuments isolés, mais s’articulent à un quartier ancien très représentatif des fonctions de la ville médiévale et de l’évolution de Strasbourg du XVe au XVIIIe siècle.

Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
Strasbourg – Grande île
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Strasbourg – Grande île

La Grande Île de Strasbourg est un remarquable ensemble urbain caractéristique du centre de l’Europe, et un exemple unique d’habitat domestique de la vallée du Rhin aux XVe et XVIe siècles. Ce fut le vecteur, en direction de l’est, du mouvement artistique gothique. L’influence considérable exercée par ce modèle sur la sculpture des pays germains peut être divisée en trois phases successives : l’influence du pilier du Jugement dernier, celle du jubé et celle des portails de la façade. Goethe considérait Notre-Dame de Strasbourg comme la cathédrale gothique par excellence.

Entourée par les deux bras de l’Ill, la Grande Île est le centre historique de la capitale alsacienne. Ce fut le site du castrum romain d’Argentorate, dont les deux principaux axes ont été respectés en dépit de la croissance de la ville moderne. La rue des Hallebardes et la rue des Juifs suivent le tracé du cardo, tandis que la rue du Dôme et la rue du Bain-des-Roses sont deux tronçons du decumanus. La Grande Île renferme un remarquable ensemble monumental à l’intérieur d’un espace très restreint.

S’élevant au-dessus des hautes toitures à plusieurs étages de lucarnes, plusieurs églises se découpent sur le ciel. La cathédrale, dont la flèche unique domine la plaine alsacienne, et les quatre anciennes églises, Saint-Thomas (XIIe-XVe siècle), Saint-Pierre-le-Vieux (XIIIe-XVe siècle), Saint-Pierre-le-Jeune (XIIe-XVe siècle) et Saint-Étienne (XIIe siècle), sont plus que des monuments isolés : elles se fondent étroitement dans un vieux quartier typique des villes médiévales et reflètent l’évolution de Strasbourg du XVe au XVIIIe siècle. La cathédrale, qui est le monument principal du site inscrit sur la Liste du patrimoine, illustre bien cette cohérence historique et urbaine. On ne peut la dissocier de l’Œuvre Notre-Dame, l’institution qui gérait les fonds de sa construction et de son entretien. Toutefois, elle est aussi étroitement liée au palais Rohan, construit par cette famille en 1732-1742 face à l’extrémité méridionale du transept, et qui servit de résidence aux cardinaux-princes-évêques de la famille. La cathédrale est également étroitement liée au collège des jésuites (l’actuel lycée Fustel-de-Coulanges) qui la jouxte.

Le réseau serré de rues peuplées de boutiquiers et d’artisans offre l’image même de la ville médiévale et de la société chrétienne postmédiévale. Les noms des rues et des places reflètent l’organisation en guildes : rue des Tonneliers, rue des Charpentiers, rue des Écrivains, place du Marché-aux-Poissons, place du Marché-aux-Cochons-de-Lait, entre autres.

Les édifices publics comme l’hôtel de ville (1585, actuelle chambre de commerce) ou la Grande Boucherie de la ville (1587-1588, aujourd’hui Musée d’histoire) voisinent avec des hôtelleries (hôtellerie du Cerf), des boutiques et des ateliers, ainsi qu’avec d’élégantes maisons patriciennes (la maison Kammerzell ou les maisons de la rue Mercière, de la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons et d’ailleurs).

publié le 09/07/2014

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