Une Alliance pour bâtir une politique prospective dans le domaine de l’éthique des sciences

Deux raisons justifient notre recherche d’une plus grande synergie entre les comités du secteur de l’éthique des sciences.

La première, celle qui est générale à l’ensemble des comités de l’UNESCO, est , conformément aux recommandations de l’audit réalisé sur cette question, de rationaliser le travail de l’Organisation dans un contexte de diminution de ses moyens financiers et humains.

Mais, il s’ajoute à cette nécessité ingrate un constat susceptible de mobiliser d’une manière bien plus agréable nos énergies. C’est le constat de la convergence des technologies qui brouillent les frontières entre ce qui relevait jusqu’à présent de la biomédecine -l’activité du CIB - et ce qui était du ressort d’autres disciplines, dont la COMEST a la charge.
Ainsi, les questions touchant aux nanosciences, à l’intelligence artificielle, aux techniques de communication nous obligent à mobiliser toutes nos disciplines de manière transversale et à penser une éthique globale et universelle de la science et de la technologie.

Enfin, l’une et l’autre de ces raisons contribuent à une mission essentielle, celle confiée à l’UNESCO de réfléchir et d’agir, conformément aux valeurs universelles qu’elle promeut, comme l’organisation responsable de l’élaboration d’une politique internationale dans le domaine de l’éthique des sciences et des technologies.

C’est à cette fin que nos trois comités doivent se constituer en une Alliance d’expertise et de propositions pour créer une dynamique prospective au service de l’UNESCO , de ses membres et de l’ensemble de la Communauté scientifique.

Pour concrétiser cette démarche, le comité que je préside a élaboré des propositions qui vont être soumises à la discussion. Il a ainsi a entendu confirmer le soutien des États membres à l’action de l’UNESCO et assumer un engagement concret à cet égard.

Notre comité est toutefois conscient que ces propositions doivent avant tout créer une dynamique à moyen terme qui associe un nombre d’acteurs plus large que les trois comités concernés. C’est pourquoi, les présentes propositions s’efforcent d’ouvrir le champ d’action commun aux trois comités en les déclinant suivant trois types d’actions tournées respectivement vers la réflexion et la coopération, le dialogue et la mobilisation et la diffusion.

1. Réflexion et coopération :

Il s’agit de mettre en place un outil de réflexion prospective ; à cette fin, trois propositions sont faites :

1° Procéder tous les quatre ans à l’établissement d’un Rapport mondial sur l’évolution des questions d’éthique dans le domaine des sciences et des technologies en y associant les États membres, le commissions nationales , les chaires UNESCO et les ONG accréditées ;

2° A la suite de ce rapport, inviter les comités concernés à organiser un séminaire d’étude commun , ouvert si nécessaire à d’autres organisations internationales, afin de proposer des priorités de travail ;

3° Pour l’examen des questions retenues, envisager la création d’un groupe de travail commun au CIB et à la COMEST chaque fois que cela est nécessaire ;

2) Dialogue et mobilisation des réseaux

Dans un souci d’ouverture et de compréhension de l’approche multidisciplinaire et multiculturelle des questions abordées, il convient de faire bénéficier les trois comités des réseaux d’expertise gravitant autour de l’UNESCO et d’ouvrir ainsi la voie à un dialogue avec l’ensemble de la société.
C’est pourquoi, il est suggéré de :
1° Inciter les États et les commissions nationales à mobiliser les chercheurs en relation avec les travaux en cours de la COMEST et du CIB ;

2° Promouvoir des études et réflexions notamment sur la manière d’organiser le débat public : une réunion des chaires UNESCO concernées pourrait être organisée tous les 4 ans ;

3° Encourager la participation des femmes, des jeunes et des communautés à une éducation et formation à ces questions ainsi qu’à une participation au sein des comités d’éthique et des instances académiques. La nomination au sein du CIB et de la COMEST de membres non experts devrait être envisagée.

3) Diffusion

Ce « troisième cercle » d’action est également très important car il offre le moyen à l’UNESCO et à ses trois comités concernés de rendre plus visibles les activités dans le domaine de l’éthique des sciences et des technologies, qui touche de plus en plus les citoyens . Il convient donc de se doter des moyens pour :

1° Développer (en collaboration avec les chaires UNESCO) les pages web du site UNESCO Éthique des sciences ( interviews, revue de livres, recherches en cours) et de créer un journal de bioéthique et d’éthique des sciences en ligne animé par des membres des trois comités ;

2° Encourager les États, les acteurs des politiques publiques et les communautés scientifiques à mener des actions de sensibilisation à l’éthique dans le cadre des journées « la science en fête » ;

3° Créer un concours international UNESCO de la recherche en bioéthique et éthique des sciences et un prix du livre (ou autre media).

Le juge que je suis réalise bien que ces propositions ne sont que des mots sur du papier et que les prononcer devant vous, même avec conviction, ne les transformera pas en réalité.

Mais, il sait aussi que cette réalité d’espèrance peut déjà se nourrir d’une réalité d’expériences, celle de l’UNESCO qui, depuis 25 ans, mène à bien la mission que la Communauté internationale lui a confié et celle de tous ceux, institutions et personnes physiques, qui se consacrent à ce bien commun qu’est le respect des valeurs universelles et la réflexion permanente qu’il nécessite pour les maintenir vivantes.

Alors, je n’hésiterai pas, comme je l’ai promis au Secrétariat, à lancer aux Etats membres mais aussi aux grandes fondations et organisatioons de promotion de la science, de la culture et des droits de l’homme, un appel pour lamise en place d’un fonds international permettant à l’UNESCO d’accomplir serinementsa tâche au service de l’éthique des sciences et des technologies.

On dit que l’argent est le nerf de la guerre, faisons au contraire en sorte qu’il nourisse la dynamique de la paix, de la kustice et de l’éthique !

Christian Byk, président du CIGB

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An Alliance to build a prospective policy in the field of ethics of science

Two reasons justify our quest for greater synergy between the committees of the field of ethics of science.

The first, which is general to all UNESCO committees, is, in line with the recommendations of the audit carried out on this issue, to streamline the work of the Organization in a context of diminishing financial and human resources.

But, it adds to this ungrateful necessity a statement likely to mobilize in a much more pleasant way our energies. This is the acknowledgment of the convergence of technologies that blur the boundaries between what had previously been biomedicine - IBC activity - and what was the responsibility of other disciplines, which COMEST is responsible for.
Thus, issues related to nanoscience, artificial intelligence, communication techniques force us to mobilize all our disciplines in a transversal way and to think about a global and universal ethics of science and technology.

Finally, both of these reasons contribute to an essential mission, that entrusted to UNESCO to reflect and act, in accordance with the universal values it promotes as the organization responsible for developing an international policy in the field of ethics of science and technology.

It is to this end that our three committees must be an Alliance of expertise and proposals to create a prospective dynamic serving UNESCO, its members and the entire scientific community.

To make this happen, the committee I chair has developed proposals that will be submitted for discussion. It has therefore wished to confirm the support of Member States for UNESCO’s action and a concrete commitment in this regard.

Our committee is aware, however, that these proposals must above all create a dynamic in the medium term that involves a larger number of actors than the three committees concerned. This is why the present proposals seek to open up the common field of action to the three committees by formulating them according to three types of action oriented respectively towards reflection and cooperation, dialogue and mobilization and dissemination.

1) Reflection and cooperation :

It is a question of setting up a tool of prospective reflection ; to this end, three proposals are made :

1 ° Conduct every four years a global report on the evolution of ethical issues in the field of science and technology, involving Member States, National Commissions, UNESCO Chairs and NGOs accredited ;

2 ° Following this report, invite the committees concerned to organize a joint study seminar, open if necessary to other international organizations, in order to propose work priorities ;

3 ° To discuss the issues selected, consider the creation of a joint working group between IBC and COMEST whenever necessary ;

2) Dialogue and network mobilization

With a view to opening up and understanding the multidisciplinary and multicultural approach to the issues addressed, the three committees should be provided with networks of expertise revolving around UNESCO and thus open the way to a dialogue with the whole of society. Therefore, it is suggested to :

1 ° Encourage States and National Commissions to mobilize researchers in relation to the ongoing work of COMEST and IBC ;

2 ° Promote studies and reflections especially on how to organize the public debate : a meeting of the UNESCO Chairs concerned could be organized every 4 years ;

3 ° Encourage the participation of women, young people and communities in education and training on these issues as well as participation in ethics committees and academic bodies. The appointment of non-experts to IBC and COMEST should be considered.

3) Dissemination

This “third circle” of action is also very important as it provides a means for UNESCO and its three committees to make more visible the activities in the field of ethics of science and technology, which is increasingly affecting citizens. It is therefore necessary to have the means to :

1 ° Develop (in collaboration with the UNESCO Chairs) the pages of the UNESCO Ethics of Science website (interviews, review of books, ongoing research) and create an online journal of bioethics and ethics of science led by members of the three committees ;

2 ° Encourage States, public policy actors and scientific communities to carry out ethical awareness-raising activities as part of the "science in celebration" days ;

3 ° Create a UNESCO international competition for research in bioethics and ethics of science and a prize for books (or other media).

The judge that I am realizes that these proposals are only words on paper and that to pronounce them in front of you, even with conviction, will not transform them into reality.

But, he also knows that this reality of hope can already feed on a reality of experiences, that of UNESCO which, for 25 years, carries out the mission that the international community entrusted to him and that of all those, institutions and individuals, who are dedicated to the common good , the respect for universal values and the constant reflection that it requires to keep them alive.
So, I will not hesitate, as I promised the Secretariat, to to make a call to the Member States but also to the majors foundations devoted to the promotion of science, culture and human rights, for the establishment of an international fund to enable UNESCO to carry out its work in the service of ethics of science and technology.

It is said that money is the nerve of war, instead let’s make money nourish the dynamics of peace, justice and ethics !

Christian Byk, IBC chair.

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publié le 22/11/2018

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