« Unis pour le patrimoine » - Le rôle de l’UNESCO dans la protection du patrimoine culturel en zones de conflit

Le 22 juillet 2015, l’UNESCO lançait un plan de sauvegarde du patrimoine culturel au Yémen en réaction aux destructions, dans la vieille ville de Sanaa, de bâtiments, monuments historiques et mosquées, inscrits au Patrimoine mondial de l’Humanité.

Ce plan témoigne de l’engagement déterminé de l’Organisation dans la lutte en faveur de la promotion de la diversité culturelle, du respect, de la tolérance et de la préservation et protection du patrimoine culturel dans le monde, aujourd’hui menacés de destructions et de pillages, en particulier dans les zones de conflits ou en crise. Au-delà de cette initiative, l’UNESCO est ainsi très active au Mali, en Iraq et en Syrie. Depuis plusieurs mois, elle mène par ailleurs une vaste campagne de mobilisation et de sensibilisation sur les réseaux sociaux.

Revenons ainsi en quelques lignes sur la contribution de l’UNESCO dans la protection du patrimoine mondial en zones de conflit.

PNG

Le travail de l’UNESCO et la résolution 2199

A la suite de l’UNESCO, qui avait adopté à son Conseil exécutif de l’automne 2014 une résolution sur la protection des patrimoines en Iraq, le Conseil de sécurité des Nations Unies adoptait le 12 février 2015 la résolution 2199 qui condamne la destruction des patrimoines culturels d’Iraq et de Syrie, lie le trafic illicite de biens culturels au financement du terrorisme et étend à la Syrie l’interdiction du commerce de biens culturels, qui s’appliquait déjà à l’Iraq.

Dans le prolongement de cette dernière résolution, décisive pour la protection des patrimoines culturels de ces deux pays et, plus généralement, de ceux en zones de conflits armés, l’UNESCO a renforcé davantage encore la coordination de son action avec ses Etats membres ; les autres agences des Nations Unies ; l’Organisation mondiale des Douanes ; Interpol ; les Musées ; les acteurs du marché de l’art et les maisons de la vente aux enchères, les entreprises du secteur privé et la société civile.

A la fin du mois de mars 2015, aux côtés du Président de la République française, M. François Hollande, Mme Irina Bokova condamnait avec la plus grande fermeté les exactions commises par les terroristes de Daech et adressait, depuis le Louvre, un message de solidarité aux peuples iraquiens et syriens.

Une forte mobilisation sur les réseaux sociaux : la campagne « #unispourlepatrimoine »/ « #unite4heritage »

PNG

Le 28 mars suivant, la Directrice générale de l’UNESCO lançait à l’Université de Bagdad la campagne « #Unispourlepatrimoine »/ « #Unite4heritage », réaffirmant la détermination de l’Organisation à combattre les opérations de « nettoyage culturel » menées par les extrémistes. Mise en place sur les réseaux sociaux afin notamment de donner une voix à la jeunesse iraquienne, cette campagne de communication vise à valoriser l’importance du patrimoine préislamique et de sa sauvegarde.

Lors de son Conseil exécutif du printemps 2015, l’UNESCO adoptait une nouvelle résolution sur la protection des patrimoines culturels d’Irak, de Syrie et de Lybie.

Le 23 juin 2015, l’UNESCO lançait avec le Comité Colbert à Paris une campagne internationale d’affichage #Engagéspourlepatrimoineetlacréativité en lien étroit avec l’initiative engagée à Badgad visant, en collaboration avec les douanes françaises, à sensibiliser le grand public à la promotion et à la protection du patrimoine culturel et de la créativité (http://www.delegfrance-unesco.org/Engages-pour-le-patrimoine-et-la-creativite).

Lancement de la coalition mondiale « Unis pour le patrimoine » à Bonn

Le 29 juin 2015, à l’ouverture de la 39ème session annuelle du Comité du Patrimoine mondial, qui se réunissait cette année à Bonn, la Directrice générale de l’UNESCO a lancé une coalition mondiale « Unis pour le Patrimoine », destinée à renforcer la mobilisation de l’ensemble de la communauté internationale, en réponse aux destructions et aux graves dommages infligés au patrimoine culturel au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde.

La Déclaration signée à cette occasion condamne « les attaques barbares, les violences et les crimes récemment perpétrés par l’Etat Islamique d’Iraq et du Levant (EILL), également appelé Daesh, à l’encontre du patrimoine culturel en Iraq, y compris sur le site du patrimoine mondial à Hatra, ce qui rappelle les destructions insensées à Bamiyan, à Tombouctou, et en d’autres lieux ». Elle exprime aussi l’inquiétude de ses signataires concernant les sites de Palmyre (Syrie) et de la vieille ville de Sanaa (Yémen) et rappelle le caractère essentiel de la protection du patrimoine pour l’établissement et le maintien de relations pacifiques dans le monde.

Pour voir la déclaration, cliquez ici : http://bit.ly/1PyL5c3

Lors du Conseil exécutif de l’automne 2015, l’UNESCO adoptait une résolution d’initiative italienne, sur le renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé.

Plans de reconstruction et de sauvegarde

Des mesures concrètes ont été décidées et mises en œuvre pour assurer la sauvegarde du patrimoine mondial. Sur le terrain, au Mali, le plan de reconstruction des mausolées de Tombouctou, toujours en cours, a ainsi déjà permis la reconstruction de huit mausolées, détruits en 2012 (http://www.delegfrance-unesco.org/Reconstruction-des-mausolees-a-Tombouctou).

PNG

En juillet 2015, deux plans de sauvegarde du patrimoine ont par ailleurs été mis en place. L’un concerne la protection du patrimoine yéménite, en particulier de la vielle ville de Sanaa (http://bit.ly/1TWNInb). L’autre, relatif à la conservation du patrimoine de Samarra, a été lancé en collaboration avec le gouvernement irakien (http://bit.ly/1I3EwrC).

publié le 03/12/2015

haut de la page