Webinaire UNESCO "Lutter contre l’antisémitisme"

Les discours de haine visant spécifiquement des groupes sur la base de l’ethnicité, de la nationalité, de la religion ou du sexe, menacent la cohésion et la stabilité sociales et peuvent conduire à des discriminations et à des crimes de haine.

JPEG À cet égard, la pandémie de COVID-19 a déclenché une autre épidémie qui se répand à grande vitesse, de discours haineux et de désinformation. Dans le monde entier, les communautés juives sont souvent la cible des crimes de haine. Cette situation reflète une tendance générale d’augmentation de l’antisémitisme au cours des dernières années. La communauté juive doit aussi faire face à des théories complotistes qui se renforcent dans les périodes de crise. Le webinaire s’est penché sur ces tendances inquiétantes et a discuté des principaux défis et des solutions possibles pour lutter contre l’antisémitisme dans le contexte de la pandémie COVID-19 et au-delà.

Intervenants

  • Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction (Maldives)
  • Günther Jikeli, Professeur de la Chaire Erna B. Rosenfeld, Institut pour l’étude de l’antisémitisme contemporain, Université de l’Indiana à Bloomington (Etats Unis d’Amérique)
  • Vanessa Hites, Corps diplomatique juif du Congrès juif mondial (Chili)
  • Pamela Malewicz, Sous-Secrétaire pour les Droits humains et le pluralisme culturel, Ville de Buenos Aires (Argentine)

Modérateur : Karel Fracapane, Spécialiste du programme, Section pour l’éducation à la citoyenneté mondiale et à la paix, UNESCO.

Les participants ont commencé par rappeler que certaines minorités étaient marginalisées par la crise due au coronavirus, dans tous les pays du monde. Ahmed Shaheed a indiqué que les réfugiés étaient ceux qui subissaient la plus grande exclusion.
Les théories du complot ont été renforcées avec la recherche de boucs émissaires responsables de cette crise. Beaucoup d’Etats ont mis en place des mesures pour lutter contre ces théories du complot. Malgré ces actions, les communautés juives doivent souvent faire face à une recrudescence de l’antisémitisme.

Selon Günther Jikeli, cette résurgence de l’antisémitisme n’est pas inattendue. L’antisémitisme constitue selon lui une forme dormante de pensée, qui a besoin d’un élément déclencheur pour s’exprimer ouvertement. Cet élément déclencheur peut être la crise due au coronavirus, ou une hostilité aux migrations de populations, notamment liées à la crise actuelle des réfugiés.

Internet et les réseaux sociaux sont la première plateforme de diffusion de l’antisémitisme. L’ordinateur constitue un bouclier entre nous et la réalité, et certains se permettent de tenir des propos sans nuance, qu’ils ne tiendraient pas dans la vie réelle. Internet et les réseaux sociaux sont parfois aussi le lieu de glorification d’attaques antisémites.

La meilleure arme pour lutter contre l’antisémitisme est l’éducation. L’UNESCO a un rôle important à jouer dans ce domaine. Un meilleur encadrement des réseaux sociaux est également nécessaire pour lutter contre l’antisémitisme. Les intervenants ont demandé à ce qu’il soit possible d’identifier rapidement les messages haineux sur les réseaux sociaux et les effacer sans pour autant empiéter sur la liberté d’expression.

En conclusion, les intervenants ont rappelé ce qui constitue pour eux le meilleur moyen pour lutter contre les discriminations : encourager le dialogue et la collaboration entre les individus.

publié le 25/06/2020

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