Webinaire avec Madame Gisèle Bourquin, présidente de « Femmes au-delà des mers », prix de la Délégation des droits des femmes du Sénat 2020

Le lundi 19 octobre à 19h la CNFU a reçu, via un webinaire Zoom, Madame Gisèle Bourquin, présidente de l’association Femmes au-delà des mers, afin d’échanger sur son expérience, notamment avec les femmes d’outre mer.

Le webinaire s’est déroulé en deux parties, une première, plus longue, animée par Madame Claudine Monteil, Conseillère à la CNFU, où Madame Gisèle Bourquin s’est exprimée sur son expérience et la condition des femmes en outre-mer. La seconde partie était réservée aux questions et/ou commentaires de l’audience.

En introduction, Madame Gisèle Bourquin a expliqué la raison de la création de l’association Femmes au-delà des mers, qui se voulait comme un aboutissement de son travail avec les femmes, afin de leur donner la parole, et plus particulièrement aux femmes de l’outre mer. L’essentiel de son action a pour vocation de faire émerger les talents d’outre-mer. A cet effet Mme Bourquin met en lumière des exemples de femmes qui avancent comme celui de Mme Aimée Cippe, une Guyanaise devenue première femme Directeur des Opérations du CNES/CSG et à qui l’on doit plusieurs lancements d’Ariane.

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Elle a ensuite évoqué les liens des territoires d’outre-mer, et de leurs habitants, avec la France métropolitaine, et ce qui les éloigne. Ces personnes y sont notamment liées par leur citoyenneté et la langue française. Cependant, d’autres caractéristiques les éloignent, comme les langues locales, leur permettant d’exprimer leur culture locale, ou un autre dénominateur commun différent de la métropole, la colonisation. Leur culture peut également se rapprocher d’autres pays, comme la Polynésie proche de la Nouvelle-Zélande ou la Nouvelle-Calédonie de la Nouvelle-Guinée.

Selon Madame Bourquin, la transmission du « matrimoine » d’outre-mer, héritage culturel issu des femmes, passe par de nombreux moyens. Il peut être transmis dans le cadre de formations sur ces régions, afin de sortir l’outre-mer de l’invisibilité, à travers les savoirs des femmes comme les tisanières à La Réunion, les cuisinières en Guadeloupe, ou la tradition du bambou gravé en Nouvelle-Calédonie. Pour ne prendre qu’un exemple, Mme Erica Mancel Salino, médecin ophtalmologiste d’origine calédonienne qui exerce depuis de nombreuses années à l’hôpital de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, s’est évertuée à prendre en compte la culture du territoire pour soigner, comme l’utilisation des plantes.

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Ces efforts pour prendre en compte les femmes d’outre-mer ont porté leurs fruits et l’on remarque des progrès, même si limités, au cours de ces vingt dernières années. En Nouvelle-Calédonie, des efforts de la part du gouvernement ont été fait pour que les Kanaks puissent accéder à des formations accélérées et ensuite prendre leur place, dans le paysage politique notamment. Ce fut le cas de Mme Déwé Gorodey, écrivaine kanak et femme politique indépendantiste.

Mme Edith Vallée, psychologue engagée dans le mouvement féministe et co-fondatrice de « Matrimoine de Paris », est ensuite notamment intervenue pour présenter les parcours qu’elle organise lors des « Journées du Matrimoine », permettant de faire rencontrer des figures de femmes féministes. Le prochain aura lieu le 7 avril 2021, sous le nom de « Parcours de femmes migrantes », dont de nombreuses créatrices, dans le cadre de la campagne « Génération Egalité » lancée par l’ONU.


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publié le 22/10/2020

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