Les spectacles de pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud (Focus Mémoire du monde)

Cet article est le quatrième de notre série sur les biens français inscrits sur la liste "Mémoire du monde".

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©Affiche Pantomimes Lumineuses au Musée Grévin (Chéret 1982), Collection CNC.

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I- Présentation

Les spectacles de pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud ont été recommandés à l’inscription au Registre Mémoire du monde en 2015 par la France, Centre National du Cinéma, et la République tchèque, Musée national des techniques.
Cette demande d’inscription a porté sur les deux bandes subsistantes du théâtre optique utilisées pour les spectacles : Pauvre Pierrot ! (1892) et Autour d’une cabine (1894). L’affiche du spectacle, les partitions des pièces musicales accompagnant le spectacle et l’original du brevet y ont également été associés.

Les bandes peintes pour les représentations du théâtre optique n’existaient qu’en un seul exemplaire et la quasi totalité des bandes a été détruite. Seule la conservation des pièces Pauvre Pierrot ! et Autour d’une cabine a permis une reconstitution complète de cet ensemble documentaire.

L’affiche originale, conçue par Jules Chéret en 1892 pour le Musée Grévin, présente le spectacle des pantomimes lumineuses. Ce document est conservé par La Cinémathèque française, le musée du cinéma et le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers).

Les pièces musicales de Pauvre Pierrot ! et d’Autour d’une cabine, ont été composées par Gaston Paulin (1839-1921) pour les spectacles de pantomimes lumineuses.

Pauvre Pierrot ! (1892) : Partition de 28 pages, composée par Gaston Paulin, éditée chez G.Ducrotois, éditeur de musique, 21 rue Victor Massé, 75009.

Cette partition comprend la musique de 3 pantomimes lumineuses :
Pauvre Pierrot (pages 1 à 18) Clown et ses chiens (valse) (pages 14 à 18)
Un Bon Bock (pages 19 à 28).
Un exemplaire de cette partition est conservé par la famille Reynaud.
Un exemplaire de cette partition est conservé par le CNAM.

Autour d’une cabine (1894) : Partition manuscrite originale (unique), composée par Gaston Paulin. La partition s’intitule "Sur la plage" et comprend 10 pages. Elle est conservée par la famille Reynaud.

L’original du brevet n°194 482 déposé à l’INPI le 1er décembre 1888 présentant le théâtre optique et expliquant son principe de fonctionnement et ses applications.
(Document conservé à l’INPI).

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II- A l’avant-garde du cinéma d’animation

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Charles-Emile Reynaud (1844-1914), naît à Montreuil d’un père horloger et d’une mère peintre.

D’abord apprenti aux établissements Adolphe Gaiffe à Paris où il travaille à la production d’appareils photographiques, puis assistant de l’abbé Moigno, mathématicien et vulgarisateur scientifique, Emile Reynaud se consacre pleinement à ses travaux d’optique dès 1877.

Emile Reynaud va d’abord concevoir des jouets optiques, successeurs des lanternes magiques utilisées au XVIIe siècle. Sa première invention, le praxinoscope (du grec signifiant « action » et « montrer ») est brevetée au mois de juillet 1977.

Quinze ans de travaux aboutiront à l’invention du théâtre optique. Cette invention a l’avantage de présenter des images animées suivant un plan scénarisé. Avec le théâtre optique, Emile Reynaud rompt avec le mouvement cyclique et répétitif du praxinoscope et inaugure ainsi les premières projections sur grand écran de cinéma, avant celles des frères Lumière.

Cette invention va connaître un grand succès. En 1892, l’inventeur signe un contrat avec le musée Grévin pour projeter quotidiennement ses trois premières bandes. Il s’engage à renouveler son spectacle tous les ans et reconnaît l’exclusivité du musée sur son œuvre.

La dernière séance aura lieu le 1er mars 1900. Entre 1892 et 1900, le spectacle de pantomimes lumineuses a attiré près d’un demi-million de spectateurs au musée Grévin, pour environ 13 000 séances.

Entre temps apparaît le cinématographe, inventé par les frères Lumière. Sérieux concurrent du Théâtre optique, cette innovation force Emile Reynaud à moderniser son installation.

Après quelques tentatives infructueuses, l’inventeur se débarrasse de ses films dans une crise de désespoir. Seules resteront les deux bandes inscrites au Registre.

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Première représentation des pantomimes lumineuses, en 1892. Gravure de Louis Poyet

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III- Une œuvre emblématique

A bien des égards, on peut considérer l’œuvre d’Emile Reynaud comme emblématique de son époque [1]. Elle représente un précieux témoignage de la naissance de l’art cinématographique. Parce qu’elle s’inscrit dans une période d’innovations majeures dans cette discipline, son classement au registre Mémoire du monde était nécessaire et légitime. La révolution permise par les travaux d’Emile Reynaud a marqué l’histoire du cinéma. En son temps, le travail d’Emile Reynaud a ainsi reçu l’attention de Thomas Edison, des frères Lumière, comme d’autres inventeurs de renom.

La journée mondiale du cinéma d’animation commémore la première projection de Pauvre Pierrot ! Le 28 octobre 1892, Emile Reynaud présentait pour la première fois son Praxinoscope-théâtre dans le Cabinet fantastique du musée Grévin, à Paris.

Sources

http://www.cnc.fr/web/fr/flux/-/journal_content/56_INSTANCE_k0Tr/18/7790474?refererPlid=21
http://www.lips.org/bio_Reynaud.html
http://emilereynaud.fr/
http://www.cinematheque.fr/zooms/reynaud/index_fr.htm

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[1George Sadoul, Emile Reynaud, peintre de films, Ed. La Cinémathèque française, 1946

publié le 27/04/2017

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